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UTILISATION SECURITAIRE DE L’AMIANTE DANS LA PRODUCTION DES PLAQUES ET TUYAUX EN AMIANTE-CIMENT

Rendre sécuritaire l’utilisation de l’amiante dans la production de plaques et tuyaux en amiante-ciment a nécessité la mise en oeuvre de mesures rigoureuses.

Les actions initiées au niveau de l'usine de Meftah s'articulaient essentiellement autour des deux ( 02 ) objectifs principaux :

*  Diminution du taux de fibres en suspension dans l’ambiance des ateliers de production et de stockage, et contrôle du taux d’empoussièrement.

* Substitution de l’amiante bleu ( amiante crocidolite ) par d’autres fibres en amiante moins nocives.

 

 

FICHE N° 1

REDUCTION DU TAUX DE POUSSIERES DANS LES ATELIERS DE PRODUCTION

A- PROBLEME

Les lignes de production tuyaux et plaques utilisaient le procédé de fabrication à voie sèche .

L’amiante était introduit dans le broyeur, sans ajout d’eau ; une fois défibré, cet amiante etait repris par un désintégrateur pour finir le défibrage.
L’amiante etait ensuite transporté pour être stocké dans des chambres d’amiante.
Pendant toutes ces étapes, il y avait une production importante de poussière.

Ce procédé de fabrication caractérisé par :

* un broyage à sec ;

* un stockage de l’amiante défibré ;

* Transport de l’amiante sans étanchéité.

constituait une source importante de production de poussière.

B- DEMARCHE

Le passage du broyage "à voie sèche" au broyage "à voie humide", avec élimination du stock intermédiaire d’amiante défibré, contribuent à la réduction du taux de fibres d’amiante dans l’air ; ce taux se voit ramené au niveau des normes en vigueur en Europe.

 

FICHE N° 2

AUTOMATISATION DE L'OUVERTURE DES SACS

A- PROBLEME

L’introduction de l’amiante dans le broyeur se faisait manuellement et de la manière suivante:

L’opérateur du broyeur ouvrait le sac d’amiante avec un outil tranchant, le divisait en plusieurs morceaux et l’introduisait, enfin, dans le broyeur.
Lors de cette opération d’ouverture et de déchiquetage d’amiante, il y avait libération de fibres et émission de poussière d’amiante.

C’est pour cette raison que le port de masque etait et demeure obligatoire dans cet atelier.

B- DEMARCHE

Pour remédier à cette situation d'exposition de l’opérateur à l’amiante, il a été procédé à l’installation d'une ouvreuse de sacs automatique, au niveau de l’alimentation de chaque broyeur.

L’ouvrier n'a plus qu'à présenter le sac d’amiante sur un tapis, et l’ouvreuse de sacs procède à l'ouverture du sac, au déchiquetage de l’amiante et son introduction dans le broyeur.

 

FICHE N° 3

AMELIORATION DU DEPOUSSIERAGE DES ATELIERS D'USINAGE

A- PROBLEME

L’opération d’usinage de tuyaux et de plaques s’accompagnait toujours d’une production de poussière.

L’émission de cette poussière était essentiellement observée au niveau de :

* la tronçonneuse plaques ;

* la tronçonneuse tuyaux ;

* et la tronçonneuse manchons.

B- DEMARCHE

Les installations de dépoussiérage existantes ont été traitées afin d'augmenter leur capacité de dépoussiérage, et les systèmes de captage au point d’émission des poussières ont été améliorés.

 

FICHE N° 4

TRAITEMENT DES DECHETS

A- PROBLEME

L’exploitation d’une usine Amiante-Ciment dégage fatalement deux (02) sortes de déchets, à savoir :

* des déchets mous se décomposant en :

- des déchets résultant de la décantation des eaux de fabrication et des vidanges des circuits en cas d’arrêt prolongé ;

- des loupées de fabrication : matière recyclable avant durcissement du ciment ( dans l’heure qui suit son élaboration ).

* et des déchets secs correspondant à des produits ne répondant pas à la norme ISO R 160 et à des déchets d’usinage.

B- DEMARCHE

Pour chaque type de déchet, il a été prévu un traitement spécifique afin le ramener à sa valeur minimale.

1- Déchets mous :

* résultant de la décantation de fabrication et des vidanges des circuits en cas d’arrêt prolongé.

Cette opération a consisté à traiter les déchets liquides et à préparer une pâte à reinjecter dans le circuit en tant qu’ajout.

La quantité de cet ajout ne peut dépasser 4 % du débit de fabrication.

* loupées de fabrication : ces produits, s’ils ne sont pas traités dans l’heure qui suit, se transforment en déchets secs. Ce procédé consiste à déchiqueter ce déchet, le transformer en pâte recyclable en association ou indépendamment des déchets cités plus haut.

Le coût de ces deux (02) opérations serait de 10 x 108 DA.

2- Déchets secs :

La solution a consisté en leur stockage dans des décharges spécialisées en conformité avec la réglementation en vigueur.

 

FICHE N° 5

STOCKAGE DE L’AMIANTE

A- PROBLEME

1- Stockage de l’amiante à l’air libre :

L’amiante, stocké à l’air libre, subit les changements climatiques qui provoquent la dégradation de l’emballage. L’amiante, en contact avec l’air, peut s’effriter et se propager dans les ateliers de l’usine. La manipulation des sacs et le mauvais stockage peuvent provoquer la rupture de l’emballage.

2- Manipulation des sacs.

3- Hall de stockage : Il constitue un lieu d’accumulation importante de poussière d’amiante.

B- DEMARCHE

1- Stockage de l’amiante à l’air libre :

* Prohiber le stockage de l’amiante à l’air libre ;

* Eviter le sur-stockage.

2- Manipulation des sacs :

* Adapter un système de manutention plus adéquat, tel que celui avec ventouse et aspirateur associé ( Système de manutention utilisé chez ETERNIT - Usine ALBI ) ;

* Les sacs éventrés doivent être impérativement calfeutrés par un ruban adhésif.

3- Hall de stockage :

Acquisition d’un aspirateur industriel pour l’élimination des poussières existantes dans le hall.

 

FICHE N° 6

PRELEVEMENT ET ANALYSE PAR MICROSCOPIE OPTIQUE DES POUSSIERES D’AMIANTE EN SUSPENSION DANS L’AIR.

A- PROBLEME

Quelque soit les améliorations techniques et technologiques que nous pouvons apporter aux chaînes de fabrication, il y aura toujours émanation de poussière d’amiante.

L’objectif recherché est de rendre cette présence d’amiante, au niveau de l’air ambiant, la plus réduite possible, et au moins égale à la teneur que la norme algérienne aura à déterminer.

L’un des moyens pour s’assurer que le taux de poussière n’a pas dépassé la permise est par ailleurs défini par la méthode de référence " RTM 1 " publié par l’A.I.A. ( Association Internationale de l’Amiante ).

B- DEMARCHE

En attendant la mise en oeuvre de la norme algérienne, en matière de contrôle de présence des fibres d’amiante dans les ambiances de travail, il a été nécessaire de procéder transitoirement à l’application de la méthode " RTM 1 " (de l’A.I.A.)  pour le prélèvement et l’analyse, à la microscopie optique, des poussières d’amiante en suspension dans l’air.

Il s’agit, donc, de procéder en deux (02) étapes simultanées :

* Installer, dans chaque usine, un laboratoire pour le prélèvement et l’analyse des échantillons ;

* Mise en place d’un laboratoire national pour s’assurer que les usines se conforment à la réglementation en vigueur.

 

FICHE N° 7

ELIMINATION DE L’AMIANTE BLEUE ( AMIANTE CROCIDOLITE )

A- PROBLEME

Sur les 5000 tonnes d’amiante utilisées annuellement par chaque usine, 1000 tonnes étaient de l’amiante bleue ( amiante crocidolite ).

L’effet très nocif de cette fibre n’est plus à démontrer ; même à des taux d'inhalation très faible, cette fibre provoque de très graves maladies.

En Algérie, et à l’instar de nos voisins ( Tunisiens et Marocains ), ce type de fibre  a continué à être utilisé pour deux (02) raisons :

* La conception initiale du procédé de fabrication inclus l’utilisation de l’amiante bleue et par conséquent les équipements ont été dimensionnés pour une production de tuyaux avec amiante bleue ;

* L’amiante bleue présente un double avantage par rapport aux autres fibres susceptibles de la remplacer dans le procédé de fabrication :

>> Elle est, de loin, la moins chère de la gamme ;

>> Ses qualités physico-chimiques sont les meilleures et permettent un maximum de flexibilité pour la production de tuyaux, notamment les tuyaux pression.

B- DEMARCHE

Compte tenu de son degré de nocivité élevé , nous proposons de proscrire définitivement l’utilisation de l’amiante bleu dans la fabrication de nos produits.

Pour ce faire il ya lieu de réaliser les opérations suivantes :

* Déterminer la ou les fibres susceptibles de remplacer l’amiante bleu dans le mélange ciment-amiante ; et procéder sélectivement pour identifier celles présentant les meilleurs avantages de substitution ;

* Réaliser des actions d’investissement de manière à permettre à la chaîne de fabrication de produire des tuyaux à partir de mélange ne contenant pas d’amiante bleu.

Ces actions visent à améliorer les performances de la machine pour vaincre l’handicap de la non utilisation de l’amiante bleu ( fibre ayant des qualités physico-chimique très élevées ).

 

RECAPITULATIF DES ACTIONS REALISEES

* Passage de la voie sèche à la voie humide.

* Réalisé.

* Automatisation de l’ouverture des sacs.

* Réalisé pour une seule ligne de production.

* Amélioration du dépoussiérage des ateliers d’usinage.

* Réalisé.

* Traitement des déchets.

* Réalisé.

* Stockage de l’amiante.

* Réalisé.

* Prélèvement et analyse par microscopie optique des poussières d’amiante en suspension dans l’air.

* Réalisé.

* Elimination de l’amiante bleu.

* Réalisé.

 


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